INTERNATIONAL SCHOOL 33 GRADIGNAN: TÉMOIGNAGE D’UN PÈRE INQUIET
Aujourd’hui, je suis contraint, à la suite d’un désaccord avec la mère de mes enfants, dont je suis séparé, de continuer de scolariser mes enfants à l’International School 33 Gradignan (IS 33) contre ma volonté, en m’acquittant des frais de scolarité, dans un établissement en lequel je n’ai plus la moindre confiance, que ce soit au niveau de la qualité de l’enseignement, de l’encadrement, de la sécurité, ou de la communication.
A mon avis, l’IS 33 ne présente pas les critères requis pour pouvoir être considéré comme une école.
L’ensemble du témoignage qui suit est factuel et documenté.
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A la rentrée 2019, mes 2 enfants, âgés aujourd’hui de 11 ans et 8 ans, ont été inscrits dans l’établissement Montessori International Bordeaux (MIB, devenu International School 33 en septembre 2022), à Gradignan, en continuité avec l’enseignement Montessori qu’ils avaient précédemment reçu en région parisienne depuis leurs années de maternelle.
Au début, j’ai trouvé satisfaisantes les prestations de l’établissement, avec, visiblement, un enseignement et des valeurs pédagogiques qui semblaient cohérentes avec la philosophie Montessori, sans pour autant m’intéresser de très près au fonctionnement de l’école, partant du principe que tout allait bien.
De Montessori à l’uniforme obligatoire
Pourtant, à compter de juillet 2021, l’établissement a effectué une succession de transformations radicales, décrites ci-dessous, notamment :
- la transformation d’une école Montessori en une école « du monde IB » (International Baccalaureate), sans aucune mention de la philosophie Montessori
- un changement de nom de « Montessori International Bordeaux » vers « International School 33 », impliquant naturellement un virage dans la philosophie, les méthodes et les principes pédagogiques
- une grille tarifaire en hausse significative, variant entre 20% et 140% par rapport aux années précédentes, avec des frais de scolarité désormais indexés en 5 catégories sur les revenus du foyer fiscal, et l’obligation pour les parents/clients de communiquer leur avis d’imposition, sous peine d’être facturés au montant le plus élevé
- l’implémentation du port obligatoire de l’uniforme, bien loin des principes Montessori.
Des « pyjamas party » payantes à l’école le week-end
A compter de cette date, l’établissement a commencé à proposer une multitude d’activités extra-scolaires, pendant le temps scolaire ou en soirée, voire le week-end ; ces activités sont systématiquement facturées en plus des frais de scolarité, comme par exemple :
- des soirées « dance party » et « pyjama party », au sein de l'établissement, le vendredi soir/samedi soir, facturées entre 7€ et 15€ par enfant selon leur âge, au cas où les élèves ne seraient pas assez vus pendant toute la semaine…
- une classe de neige d’une semaine, facturée 560€ par enfant, avec ½ journée de ski par jour, l’autre ½ journée de classe (les frais de scolarité habituels restant évidemment dus)
- un déplacement à Londres de 3 jours et 2 nuits pour un tarif de 550€ par enfant un déplacement à Paris d’une journée (aller-retour en train matin et soir) pour un tarif de 100€ par enfant
- une sortie d’une heure à la patinoire, pour un montant de 15€ par enfant (pour référence, la séance de patin à glace revient à 6€ par enfant, location des patins incluse)
- une kermesse annuelle, organisée un samedi devant l’établissement entre 11h30 et 16h00 (avec entrée payante de 12€ par enfant, plus 3€ pour des tickets de tombola)
- etc…
A la fin de l’année scolaire 2019-2020, au cours d’une conversation informelle, le directeur de l’établissement m’indiqua qu’il estimait le niveau de l’ainé de mes enfants (qui terminait le CM1) suffisant pour lui faire sauter la classe de CM2 et rentrer en 6e dès la rentrée suivante, avec 2 ans d’avance (après avoir préalablement sauté la grande section de maternelle dans le précédent établissement). Je demandai alors au directeur si mon enfant avait la maturité suffisante (intellectuellement, émotionnellement et socialement) pour démarrer le collège, et me contentai, malheureusement sans creuser plus loin, de sa réponse positive pour accepter.
En novembre 2022, vers la fin du 1er trimestre, je constatai à l’occasion d’un jeu de société en famille que mon enfant, désormais en classe de 5e, présentait d’importantes lacunes par rapport à son niveau théorique, notamment en mathématiques, mais également en français. Après 2 tests distincts de ses compétences en mathématiques, il s’avérait qu’une partie importante des notions fondamentales attendues à l’entrée en 5e (entre 55 et 70% selon les résultats des tests passés et corrigés par la mère et moi-même ) n’était pas acquise, incluant des compétences normalement acquises en classe de CM1 (exemple : multiplier 15 par 12, ou diviser 180 par 100).
Je questionnai alors la direction de l’établissement sur les explications possibles de telles lacunes, et la mise en place d’un potentiel programme de rattrapage pour mon enfant. Jusqu’à ce jour, je suis encore abasourdi par la réponse reçue, laquelle me confirmait que les compétences discutées étaient « acquises dès le CM1 », mais que le niveau de mon enfant était « correct », et que « les notions oubliées étaient à revoir et à travailler à la maison » !
Jusqu’au jour où je rédige ces lignes, l’établissement n’a jamais pris la moindre responsabilité pédagogique concernant les compétences scolaires de mon enfant, leur élève depuis 2019, persistant à nier les preuves factuelles de ses lacunes, et se permettant par ailleurs de « condamner (sic) » la décision des parents d’avoir effectué des tests de compétences.
Mes échanges avec le directeur devenant de plus en plus tendus, je décidai de retracer l’évolution de la situation depuis l’inscription de mes enfants en 2019.
Des frais de scolarité en sur-inflation et une facturation systématique
Depuis la rentrée 2022, les familles s’acquittent des frais de scolarité suivants, indexés en 6 catégories selon les revenus des foyers, ou que les frais sont pris en charge par une entreprise :
- Maternelle : entre 6.000€ et 9.000€ annuels
- Primaire : entre 6.600€ et 11.000€ annuels
- Collège : entre 7.200€ et 14.800€ annuels
- Lycée : 7.800€ et 16.550€ annuels
A titre de comparaison, la dernière année avant le changement de dénomination de l'établissement, de Montessori International Bordeaux vers IS 33, soit l’année scolaire 2021-2022, les tarifs étaient les suivants, constants, indépendamment des revenus des familles :
- Maternelle : 4.950€ annuels
- Primaire : 5.500€ annuels
- Collège : 6.050€ annuels
Aux frais de scolarité annuels s’ajoutent, facturés en supplément :
- À l’inscription :
- les frais de dossier (entre 580€ et 450€ par enfant, selon leur nombre)
- une contribution obligatoire de 950€ par famille au Fonds de développement IS 33
- Annuellement :
- un « don » obligatoire de 95€ par famille au Fonds de Solidarité/Fondation IS 33
- les frais administratifs (entre 150€ et 800€ annuels selon l’âge de l’enfant et la catégorie de tarifs)
- le coût des uniformes obligatoires (pour mon cas environ 600€ par enfant en 2022-2023)
- les options scolaires (ex : langues additionnelles), « périscolaires » effectuées dans les murs de l'établissement (musique, théâtre, etc.)
- les activités annexes (ex : pyjama party, dance party, sorties « culturelles », patinoire, etc.).
Il faut enfin compter un budget pour les déjeuners des enfants, l’établissement ne proposant pas de service de cantine.
Une école qui devient un lieu de vie extra-scolaire
Aujourd’hui, IS 33 n’a plus rien à voir avec l’identité initiale de Montessori International Bordeaux. Les élèves évoluent en uniforme, et quasiment en circuit fermé, puisque l’établissement propose sans discontinuer des activités payantes, planifiées en dehors de la semaine scolaire (ex : dance party, pyjama party, kermesse, le vendredi soir ou le samedi, des ateliers proposés pendant les vacances scolaires, etc.), ce qui crée progressivement une déconnexion de la vie sociale réelle, voire une appréhension désormais de mes enfants de se retrouver dans des situations sociales hors de l'IS 33, non planifiées, et en présence de personnes inconnues.
Absentéisme et turnover des enseignants
Par ailleurs, l’établissement fait face à un important absentéisme des enseignants, qui commence typiquement par un arrêt-maladie, qui se prolonge et se termine par une rupture de contrat.
Par exemple, pour mon enfant en classe de 5e en 2022-2023, la professeure de français a été déclarée en arrêt-maladie le 20 mars 2023, pour être licenciée quelques semaines plus tard.
Elle a été remplacée par une première personne dont les méthodes n’étaient pas du tout alignées avec les prétendues valeurs d'IS 33. Après plusieurs semaines d’insatisfaction des élèves et des parents, la direction a annoncé par email le 24 avril le départ de cette remplaçante, et l’arrivée d’un nouveau professeur de français, dont les méthodes d’enseignement « correspondent aux valeurs de l’établissement ». Pourtant, dès le lendemain, et sans la moindre communication écrite aux parents, le directeur annonçait oralement aux élèves que le nouveau professeur ne viendrait finalement pas, et que la remplaçante était donc rétablie dans ses fonctions jusqu’à la fin de l’année scolaire !
De la même manière, la professeure de sciences est partie en arrêt-maladie le 16 mars 2023, et les classes de sciences de mon enfant ont donc été supervisées jusqu’à la fin de l’année scolaire en alternance par 2 autres personnes, dont les profils LinkedIn indiquent respectivement qu’ils sont « ingénieur qualification » et professeure… d’anglais ! Plus d’un trimestre de sciences en classe de 5e, avec les élèves sous la supervision de personnes non qualifiées pour la tâche, ce qui n’empêche pourtant pas l’établissement de se targuer de « rigueur pédagogique » dans toutes ses communications.
Enfin, la prof de sport est également partie en arrêt maladie au mois de mai 2023.
Aujourd’hui, mon enfant, rentré en classe de 4e en septembre 2023 avec 2 ans « d’avance », et d’« excellents résultats scolaires » selon l’établissement, doit compter sur ses doigts pour effectuer des opérations comme (21 + 7), ou (13 – 8), et n’est pas capable de faire une soustraction du type (50 - 23) en calcul mental. J’estime que, depuis sa rentrée en classe de 6e en septembre 2021, sa curiosité et son désir d’apprendre de nouvelles choses sont devenus quasi-inexistants, et que ses facultés de pensée critique ont simplement régressé, avec une capacité de raisonnement et d’analyse de plus en plus déstructurée.
L’unique point pédagogique positif, s’il faut en trouver un, concerne son niveau d’anglais. Ayant passé environ la moitié du temps scolaire en immersion en langue anglaise depuis la moyenne section de maternelle, mon enfant affiche aujourd’hui un niveau d’anglais B1 selon le dernier examen Cambridge passé en mai 2022.
Une communication opaque sur les thèmes sensibles
La sécurité au sein de l’établissement est aussi pour moi un sujet inquiétant, à la suite d’un accident qui a eu lieu à la fin du mois de mars 2023.
En rentrant de l’école, mon enfant me relata en effet qu’un de ses camarades s’était sérieusement blessé en tombant d’un arbre « malade » dans la cour, et, souffrant de blessures à plusieurs vertèbres avait dû être conduit aux urgences par son père. Quelques jours après l’incident, l’arbre en question, ainsi que l’autre arbre de l’établissement, étaient abattus.
À la suite de ce récit en plusieurs temps, n’ayant pas reçu la moindre communication orale ou écrite sur le sujet de la part de la direction, j’interrogeai l’établissement par email le 27 mars sur la situation. Toujours sans réponse une semaine plus tard, je relançai le directeur sur le sujet le 3 avril. Le lendemain, je reçus une réponse indiquant que l’arbre était « tombé seul », que la maladie de l’arbre n’était « pas visible depuis l’extérieur », et que l’élève, blessé du fait qu’il se trouvait « dans l’axe de la chute », était revenu en classe « rapidement ».
Étant parvenu, depuis, à rentrer en contact avec la famille de l’élève victime de l’accident, je vous présente ci-dessous leur version des faits concernant cet accident :
- L’arbre s’est effondré au milieu de la cour de récréation, heurtant et blessant l’élève dans sa chute.
- Aucune équipe de secours (SAMU ou pompiers) ne s’est déplacée sur les lieux de l’accident.
- A l’arrivée du père, appelé par la directrice, cette dernière lui a conseillé de ramener son enfant à la maison, et de lui donner des antalgiques.
- L’enfant se plaignant de maux de dos, le père a décidé malgré tout de le conduire aux urgences pour le faire examiner.
- Le bilan de l’accident est le suivant :
- L’élève a été diagnostiqué avec 3 vertèbres fracturées
- Il a été absent en classe pendant près de 3 semaines
- Il a porté un corset dorsal pendant près de 3 mois
- Il est actuellement toujours sous suivi médical, et, selon l’avis des médecins n’a toujours pas repris d’activité sportive
- L’intégralité des frais médicaux et relatifs à l’accident a été prise en charge par la famille.
- IS 33, de son côté, n’a jamais proposé à la famille la moindre prise en charge du dossier par son assurance.
- A ma connaissance, IS 33 n’a fourni aucune communication officielle aux parents concernant les arbres, ou la sécurité au sein de l’établissement, à la suite des événements décrits.
A ce stade, je m’inquiète de l’absence de communication transparente avec les parents d’élèves sur des sujets aussi importants que la sécurité de nos enfants.
Alors que nous recevons, tout au long de l’année, en moyenne, entre 5 et 10 emails par semaine, annonçant les diverses activités payantes, inscriptions, etc., j’ai dû attendre une semaine ou plus, voire beaucoup plus, pour avoir un retour de la direction :
- quand j’ai signalé les lacunes de mon enfant en mathématiques
- quand j’ai demandé des informations concernant l’arbre malade et l’élève blessé
- quand j’ai demandé des informations concernant le départ puis retour immédiat sans communication de la remplaçante de la prof. de français (voir description plus haut) – email toujours en attente de réponse depuis le 29 avril 2023.
Par conséquent, je constate un réel contraste dans la communication d'IS 33 entre la fréquence des emails, sollicitations, et autres posts quasi-quotidiens sur les réseaux sociaux, notamment Instagram et Snapchat, avec le manque de diligence lorsque la direction est questionnée sur des sujets centraux comme la pédagogie, l’acquisition des compétences, le corps enseignant ou la sécurité au sein de l’établissement.
Des carences d’apprentissage confirmées lors du retour dans le public
Au fil de mes démarches et recherches pour inscrire mes enfants dans les établissements publics de secteur, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le directeur d’un établissement voisin. Ce dernier m’a indiqué « récupérer chaque année plusieurs élèves en provenance d'IS 33 / Montessori International Bordeaux ». En septembre 2022, selon ses explications, 5 élèves étaient dans ce cas : 1 qui venait de terminer la 4e, et 4 ayant complété leur classe de 5e à IS 33. Suite à l’évaluation des compétences requise par l’Education Nationale lorsqu’il s’agit d’intégrer ou réintégrer une école publique :
- l’ancien élève de 4e est passé en 3e
- les 4 anciens élèves de 5e, en revanche, ont tous dû redoubler cette classe
Des anciens enseignants, stagiaires, parents d’élèves en colère
Enfin, intrigué à la lecture d’un article concernant le nouveau campus de l’International School 33 ayant ouvert à la rentrée 2023, j’ai fait des recherches, et suis entré incidemment en contact avec plusieurs anciens enseignants, dont certains ayant eu un de mes enfants dans leurs classes, des stagiaires, et des parents d’élèves de l’établissement.
C’est ainsi que j’ai constaté que plusieurs dizaines de personnes (anciens enseignants et parents d’anciens élèves) avaient également des griefs à l’encontre de l’établissement, à divers titres.
Conclusion personnelle
Aujourd’hui, je suis contraint, à la suite d’un désaccord avec la mère de mes enfants, de laquelle je suis séparé, de continuer de scolariser mes enfants à l’International School 33 Gradignan, contre ma volonté, en m’acquittant des frais de scolarité, dans un établissement en lequel je n’ai plus la moindre confiance, que ce soit au niveau de la qualité de l’enseignement, de l’encadrement, de la sécurité, ou de la communication.
A mon avis, l’International School 33 Gradignan ne présente pas les critères requis pour pouvoir être considéré comme une école.
Stéphane Matheu
*Ce témoignage a pour objet d’informer les parents intéressés par l’établissement International School 33 Gradignan, du fonctionnement de ce dernier.
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